Les bénéfices des végétaux labellisés
Des végétaux qui structurent les écosystèmes de nos terroirs et interagissent avec la faune et notamment les pollinisateurs locaux. Des végétaux essentiels pour le maintien de la vie sur Terre.
Les végétaux labellisés Végétal local sont naturellement adaptés à l’aire biogéographique dans laquelle ils ont évolué depuis des millénaires (sol, topographie, altitude, géologie, climat…). Cette longue co-évolution avec le milieu environnant permet une synchronisation logique avec les besoins de la faune associée et des autres êtres vivants (mousses, mycorhizes, micro-organismes…). Un végétal n’est pas un individu isolé, il tisse des milliers d’interactions avec les autres organismes de son écosystème. Depuis des millénaires, ces relations se sont complexifiées et transformées en suivant les modifications de l’environnement. Cette longue co-évolution, phénomène ancien qui se poursuit, est un processus qu’il faut préserver.
Ces écosystèmes sont toutefois mis à mal principalement par la sur-exploitation humaine entraînant leur destruction : c'est notamment le cas des haies : depuis 1950, 70 % d'entre elles ont disparu des bocages français, soit environ 1,4 million de kilomètres et cette destruction s’accélère ces dernières années (plus de 20 000 km/an). Il est indispensable de recréer ce maillage de haies, support du vivant et de la biodiversité, mais aussi de restaurer les autres écosystèmes endommagés ou détruits (prairies naturelles, zones humides…). Ces milieux sont le creuset de notre biodiversité.
-> L’usage de végétaux sauvages et locaux pour restaurer les écosystèmes répond aux objectifs des Solutions Fondées sur la Nature pour s’adapter au changement climatique. Le Label Végétal local permet de proposer des plants et semences présentant une diversité génétique très proche de celle observable au sein des populations végétales naturelles de la Région d'origine, maximisant leur résilience dans le contexte territorial concerné. Les adaptations génétiques locales représentent en effet la capacité des végétaux à s’adapter aux variations des conditions écologiques propres à leur territoire. Certaines espèces seront plus tolérantes et résistantes aux changements, d’autres moins et leur répartition naturelle pourrait évoluer. Dans ce contexte, le maintien d'une diversité génétique élevée est nécessaire aux espèces pour s’adapter à l’intensité et au rythme des changements environnementaux. Oui, semer et planter local a du sens pour l’avenir !
Pour savoir si une plante est réellement locale, il faut connaître l’origine de la graine dont elle est issue ! Une espèce peut être indigène à un territoire, sans pour autant que la plante achetée ne soit locale car la graine a été prélevée ailleurs. Prenons l'exemple de l'immortelle (Helichrysum stoechas) en zone méditerranéenne : chez un pépiniériste méditerranéen n’ayant pas de végétaux labellisés, vous allez pouvoir acheter un plant d'immortelle. Mais sans le Label vous ne saurez pas d'où vient la graine et donc quel est le patrimoine génétique du plant acheté. Cette graine peut venir d'Espagne, du Portugal ou d'Italie...
Avec le Label Végétal local, vous avez la garantie sur la Région d'origine initiale de la graine. Vous avez donc la garantie sur le patrimoine génétique de cette plante : elle est issue de milliers d'années de co-évolution avec cette Région d'origine, avec sa faune, ses pollinisateurs, la fonge de son sol... bref, elle fait partie de l'écosystème et y a toute sa place.
Partir de la graine est le principe de base du Label Végétal local, c'est le cas pour 98% des espèces labellisées. Mais pourquoi ce principe, quand il est plus facile, plus rapide et moins coûteux de diviser des touffes ou de passer par le bouturage pour obtenir des plants ?
Le Label Végétal local préconise la collecte de graines en milieu naturel, sans sélection, dans chaque Région d'origine et sur un nombre de pieds-mères élevé (comme préconisé par les standards internationaux : 30 pour les arbres et arbustes, 50 pour les herbacées) afin d'avoir la diversité génétique la plus forte dans les lots collectés. Les lots produits ne sont donc pas des clones de l’individu mère, ce qui leur confère une capacité de résilience plus élevée et un véritable atout pour restaurer nos écosystèmes.
Restaurer des écosystèmes propres à chaque territoire avec des végétaux sauvages d’origine locale est essentiel pour préserver la biodiversité et renforcer leur résilience face aux changements à venir. Il ne s'agit pas seulement de savoir si tel ou tel arbre va résister à +2°C, +3°C ou +4°C. C’est la diversité de l’ensemble de l’écosystème qu’il faut préserver. En effet :
C'est toutes ces solutions que propose le Label Végétal local, en garantissant l’indigénat des espèces, leur traçabilité depuis la graine d’origine et le maintien d’une diversité génétique.
Dans certains contextes, les végétaux labellisés seront utilisés en association avec d'autres végétaux : fruitiers, espèces comestibles, variétés horticoles selon le contexte propre au chantier. Il ne faut pas y voir une opposition mais plutôt une complémentarité. Dans les contextes plus anthropisés (jardins, parcs, centres urbains...), garder une part de végétaux sauvages d'origine locale constitue une indispensable zone refuge pour la faune et les pollinisateurs locaux.
En milieu urbain notamment, ou très anthropisé, la question se pose différemment. Les ilots de chaleur, les fosses de plantation limitantes, la faible connectivité avec les écosystèmes et l'hydrologie du territoire, etc. amènent des contraintes très fortes pour les végétaux.
Faire le choix d'une palette végétale pertinente en ville, dans un contexte climatique changeant rapidement est un vrai défi. Ce choix ne doit pas être clivant par rapport à l'origine des végétaux. Il doit se réfléchir en fonction des contraintes réelles de chaque aménagement. Le guide édité par Plante & Cité "Diversifier et adapter les palettes végétales urbaines" apporte en cela un éclairage très pertinent : des espèces locales, mais pas que !
Si une part d'espèces sauvages d'origine locale est toujours bienvenue même en ville pour accueillir la faune, les pollinisateurs et assurer une connectivité avec les végétations aux alentours, elle peut être complétée par des végétaux d’autres provenances (horticole ou exotique).
Le recours à des espèces d'origine lointaine ou inconnue doit par contre toujours être réfléchie vis-à-vis du risque d'introduction de maladies, pathogènes ou parasites exotiques. Certaines introductions passées de pathogènes ou parasites exotiques sont encore très coûteuses pour les gestionnaires (Pyrale du buis, Chalarose du frêne, graphiose de l'orme, Phytophtora sur le mélèze, tec.). Un principe de précaution est donc à garder en tête avant de se tourner vers des espèces non indigènes !!!
Dans le cadre d'un aménagement urbain, la prescription du Label Végétal local constitue un engagement et une action en faveur de la restauration et du soutien de la biodiversité, contribuant ainsi à améliorer le bien-être des citoyens. Elle peut par exemple être incluse dans des politiques d'aménagement, du type "trame verte et bleue". Cependant, l’usage de végétaux labellisés Végétal local doit prendre en compte le contexte, le “déjà-là” et les usages, pour aménager avec justesse un site.
La collecte des graines en milieu naturel est bien évidemment une activité non délocalisable. La production (dans le cadre du Label) doit avoir lieu sur le territoire national, et la plupart du temps dans la Région d'origine de la graine. Ces activités sont donc implantées directement dans le territoire des projets d'aménagement ou de restauration écologique. Acheter des semences et plants labellisés contribue donc pleinement à favoriser une activité économique locale, garantissant aussi la conservation des ressources naturelles du territoire.
De plus, acheter des végétaux labellisés consomme moins de CO² que de faire venir des plantes d’un autre continent ! En s’adressant à des pépinières et des semenciers qui utilisent (durablement) la ressource locale, nous pouvons aussi agir directement pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre.
Enfin, au travers de l'implication de collectivités (villes, pépinières départementales...) qui s'impliquent dans la démarche et cultivent elles-mêmes leurs végétaux issus de graines collectées dans leur territoire, cela contribue très largement à leur autonomie en matière de ressources en végétaux.
Les végétaux labellisés Végétal local pour chaque territoire sont naturellement adaptés à l’aire biogéographique dans laquelle ils ont évolué depuis des millénaires (sol, topographie, altitude, géologie, climat…). Cette longue co-évolution avec le milieu environnant permet une synchronisation logique avec les besoins de la faune associée et des autres êtres vivants (mousses, mycorhizes, micro-organismes…). Un végétal n’est pas un individu isolé, il tisse des milliers d’interactions avec tous les partenaires de son écosystème. Depuis des millénaires, il a eu le temps de tisser des liens complexes et subtils et de les faire évoluer avec les modifications de l’environnement.
Ces écosystèmes issus de l’évolution du vivant sont mis à mal tout d’abord par la sur-exploitation humaine entraînant leur destruction : par exemple, depuis 1950, 70 % des haies ont disparu des bocages français, soit environ 1,4 million de kilomètres (rapport du GAAER dépendant du ministère de l’agriculture) et cette destruction s’accélère ces dernières années (plus de 20 000 km/an). Il est indispensable de recréer ce maillage de haies, support du vivant et de la biodiversité, mais aussi de restaurer les autres écosystèmes endommagés ou détruits (prairies naturelles, zones humides…). Ces milieux sont le creuset de notre biodiversité.
-> L’usage de végétaux sauvages et locaux pour restaurer les écosystèmes répond aux objectifs des Solutions Fondées sur la Nature pour s’adapter au changement climatique (voir rapport au Premier Ministre et au Parlement). Le Label Végétal local permet de proposer des plants et semences ayant conservé une large diversité génétique, maximisant leurs capacités d’adaptation et leur résilience face aux changements globaux. Les adaptations génétiques locales représentent en effet la potentialité du végétal à s’adapter aux variations des conditions écologiques de ce territoire. Certaines espèces seront plus tolérantes et résistantes aux changements, d’autres moins et pourraient se raréfier, ou se déplacer. Dans ce contexte, la diversité génétique est nécessaire aux espèces pour s’adapter à l’intensité et au rythme des changements environnementaux. Oui, planter local a du sens pour l’avenir !
De plus, produire localement, avec des graines issues du territoire consomme moins de CO² que de faire venir des plantes d’un autre continent ! En s’adressant à des pépinières et des semenciers qui utilisent (durablement) la ressource locale, nous pouvons aussi agir directement pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre.
Les réponses à la question du changement climatique sont complexes. Oui la température augmente déjà dans de nombreuses régions, mais ce n’est pas le seul facteur de variation. Les périodes de sécheresse peuvent être succédées par des périodes pluvieuses intenses. Il est donc important de comprendre que ce sont de nouveaux climats qui sont à l'œuvre. Prévoir sa palette végétale de demain sans tenir compte des conditions actuelles ou de leur potentielle variation, uniquement en fonction du facteur résistance à une température maximale semble donc bien risqué.
Les plantes locales à chaque territoire et les écosystèmes complexes qu’elles supportent représentent le creuset de la vie sauvage. Ces écosystèmes ont besoin d’être restaurés pour assurer les continuités écologiques, la fonctionnalité et la dispersion naturelle ou accompagnée des graines, leur adaptation aux changements globaux en cours.
Et rappelons-nous aussi que certaines acclimatations de plantes par le passé ont entraîné des pertes en termes de biodiversité, des maladies, des parasites ayant affecté la résilience de nos écosystèmes (Pyrale du buis, Chalarose du frêne, graphiose de l'orme, Phytophthora sur le Mélèze...). Un principe de précaution est donc à garder en tête avant de se tourner vers des espèces non indigènes !!!
Quelques ressources pour aller plus loin :
Article dans la revue The Conversation sur l'impact du changement climatique et nos pratiques forestières https://theconversation.com/couper-la-foret-pour-la-sauver-du-changement-climatique-est-ce-vraiment-une-bonne-idee-244069
Article dans la revue The Conversation sur l'importance de la diversité génétique pour l'adaptation des arbres https://theconversation.com/changement-climatique-la-diversite-genetique-a-lorigine-de-ladaptation-des-arbres-203093
Végétal local s’appuie sur la délimitation de zones bio-géographiques (= Régions d'origine) distinctes du point de vue de plusieurs paramètres :
La répartition naturelle des plantes est en effet reliée à ces grands facteurs biotiques et abiotiques. Comme vous vous en rendez-compte, les trois premiers paramètres cités ne vont pas être modifiés (ou si peu) dans les années et décennies à venir.
Les modifications à l'œuvre au niveau du climat par contre vont avoir un impact essentiellement au niveau de la définition de la zone méditerranéenne. Mais il est encore un peu tôt pour savoir si nous aurons effectivement un climat méditerranéen au sens strict dans des zones adjacentes à la zone méditerranéenne actuelle. Ce sont de nouveaux types de climats qui émergent, avec plus d’aléas, plus de contrastes…et encore peu de certitudes sur leur typicité.
Il est important de comprendre que les listes d’espèces labellisées dans chaque Région d’origine sont le levier d’adaptation du Label Végétal Local aux changements climatiques. Et c’est là que le travail des botanistes devient fondamental !
En effet, pour chaque région d’origine, le Label Végétal local, épaulé par le réseau de tous les Conservatoires botaniques nationaux a édité et met à jour régulièrement une liste d’espèces qui sont considérées comme éligibles car elles sont :
L’édition et la mise à jour de cette liste, qui identifie les espèces labellisées dans chaque Région d’origine s’appuie sur une connaissance fine des botanistes, qui réalisent un travail quotidien d’arpentage du territoire français pour répertorier l’ensemble de la flore sauvage et qui observent l'éventuelle migration naturelle de certaines espèces.
Le réseau des CBN, ce sont plus de 300 agents, qui ont notamment des missions d’inventaire, de gestion et valorisation des données de la flore sauvage via des bases de données publiques et accessibles.
Périodiquement, le Label Végétal local organise une révision des listes d’éligibilité pour ces espèces. Cela a notamment été le cas en 2026 où l’ensemble des espèces ont vu leur statut par région revu pour tenir compte de la réalité de leur dispersion naturelle…
En résumé, la carte des Régions d’origine évoluera assez peu, mais la répartition des espèces labellisées Végétal local va suivre la migration naturelle des espèces d’après le travail de terrain des Conservatoires botaniques nationaux !
La migration assistée est définie par les experts de l’Ipbes* et du Giec** (Pörtner et al., 2019) comme le mouvement d’espèces et de populations visant à faciliter l’expansion de l’aire de répartition naturelle, comme mode de gestion répondant directement au changement climatique (...). ». La migration assistée est une des solutions mise en place pour répondre au changement climatique rapide que nous subissons actuellement.
Les aires de distribution des espèces évoluent au cours du temps. Les plantes réagissent au dérèglement climatique en colonisant, par dispersion des graines, germination et installation, de nouvelles aires géographiques qui correspondent mieux à leurs exigences climatiques. Mais la plupart des espèces d’arbres et d’arbustes, pour qui le risque de mortalité augmente à la marge de leur distribution géographique, ne pourront pas migrer aussi vite que la vitesse du changement climatique.
La migration assistée vise divers objectifs, tels que la prévention de l'extinction d’une espèce, le maintien d’un capital productif et économique, ou le maintien des services écosystémiques et de la biodiversité.
Dans la pratique, elle est surtout réfléchie aujourd’hui par le monde forestier pour préserver le potentiel de renouvellement des forêts productives et par les services gestionnaires des espaces publics pour adapter la ville aux conditions climatiques changeantes avec des plantations.
Les gestionnaires se retrouvent face à des choix de gestion difficiles. Parmi les solutions, pour l’adaptation au changement climatique, la migration assistée fait l’objet de nombreux débats.
L’ambition du Label Végétal local est de favoriser la restauration de la fonctionnalité des écosystèmes et de miser sur la diversité génétique pour faire face aux changements climatiques dans les milieux naturels. C’est une démarche qui prend en compte les différents points de vigilance*** :
Parmi les différentes solutions de migration assistée, il existe deux grands types de pratique :
La migration assistée d’espèces autochtones au delà de leur aire de répartition actuelle consiste à « transplanter » intentionnellement des graines ou plants d’espèces biogéographiquement autochtones depuis les marges de leur aire de répartition vers des habitats qu’ils n’ont pas encore colonisés mais seraient à même de le faire naturellement. Par exemple, des espèces de chênes sempervirents (à feuillage persistant) – comme le chêne vert présent dans le sud de la France – sont envisagées en substitution des espèces originelles déjà présentes à plus haute latitude en France, comme le chêne pédonculé ou le hêtre. Ainsi, ces espèces, en provenance de régions plus chaudes et sèches, sont transplantées dans des régions au climat actuel plus froid afin de devancer les futurs effets du changement climatique.
Dans ce cadre en effet, on se place en dehors des principes de Végétal local, dont un des fondamentaux est d’utiliser un plant ou une graine dans sa région d’origine, pour que la démarche prenne tout son sens. Toutefois, en zone urbaine, ou à titre expérimental, encadré et suivi, des graines et plants Végétal local issus d’une région voisine à celle d’implantation et qui potentiellement auraient de meilleures chances de s’adapter au contexte écologique peuvent être utilisés. Végétal local apporte à la fois une garantie sur l’origine géographique et sur la diversité génétique des plants, paramètres essentiels dans la résilience des individus au changement climatique.
La migration assistée dite « intra-spécifique » par « flux de gènes assistés » consiste à aller chercher des provenances, sous formes de graines, dans des régions plus chaudes et sèches tout en restant au sein de l’aire d’indigénat de l’espèce et de les introduire en mélange avec les provenances plus locales, permettant ainsi de renforcer la diversité génétique. Dans ce cadre particulier, Végétal local représente un atout important en assurant la traçabilité de chaque lot de plants ou de graines, grâce aux fiches de collecte indiquant notamment les habitats dans lesquels ont été réalisés les prélèvements initiaux de graines, garantissant leur diversité génétique.
Que disent les scientifiques ? Un article de 2023 apporte un éclairage intéressant sur les effets potentiels de ces migrations d’espèces en dehors de leur aire naturelle de répartition actuelle****.
Un groupe de scientifiques français a étudié 106 espèces d’arbres et d’arbustes européens et nord-américains qui sont concernés par les opérations de migration assistée. Leurs travaux, publiés dans la revue Oikos, montrent que les espèces méridionales plus tolérantes à la sécheresse sont généralement caractérisées par des feuillages persistants et des feuilles plus petites interceptant moins la lumière. Ce changement d’espèces dans les canopées forestières pourrait fortement altérer les écosystèmes forestiers. Une fois introduites plus au Nord, ces espèces devraient diminuer la quantité d’eau transpirée par les arbres ce qui pourrait réduire les effets naturels d’atténuation thermique des forêts. Cela engendrerait un dérèglement de leur bilan énergétique à l’interface atmosphère-canopée qui régule le fonctionnement climatique planétaire, mais également une dégradation du microclimat des sous-bois favorables à la biodiversité. Enfin, la migration assistée des espèces pourrait accroître le risque d’incendie de forêts suivant le degré d’inflammabilité des espèces transplantées, comme le pin maritime qui est très inflammable, et entraîner une augmentation des émissions de dioxyde de carbone liées à la combustion des arbres mais aussi du sol en surface, un compartiment souvent ignoré par les modèles, le tout pouvant favoriser un emballement du réchauffement global. Ces effets seraient particulièrement plus marqués en Europe qu’en Amérique du Nord. Autrement dit, on obtiendrait le contraire exact des objectifs ayant motivé cette stratégie.
Quelques articles qui ont inspiré ce texte
**Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat
***Comité français de l’UICN (2024) – La migration assistée des arbres, note de position (6p).
**** Michalet R., Carcaillet C., Delerue F., Domec J-C., Lenoir J. (2023) Assisted migration in a warmer and drier climate: less climate buffering capacity, less facilitation and more fires at temperate latitudes? Oikos, 2023 : e10248, https://doi.org/10.1111/oik.10248
Pour aller plus loin
Migration assistée des espèces ligneuses et emballement climatique ? Ecole pratique des Hautes Etudes (EPHE).
https://www.ephe.psl.eu/migration-assistee-des-especes-ligneuses-et-emballement-climatique
Aitken, S. N., & Whitlock, M. C. (2013). Assisted gene flow to facilitate local adaptation to climate change. Annual review of ecology, evolution, and systematics, 44, 367-388. https://doi.org/10.1146/annurev-ecolsys-110512-135747
Changement climatique : la diversité génétique à l’origine de l’adaptation des arbres ? Article The Conversation. 2023. https://theconversation.com/changement-climatique-la-diversite-genetique-a-lorigine-de-ladaptation-des-arbres-203093?utm_source=clipboard&utm_medium=bylinecopy_url_button
Couper la forêt pour la sauver du changement climatique, est-ce vraiment une bonne idée ? Article The Conversation 2025. https://theconversation.com/couper-la-foret-pour-la-sauver-du-changement-climatique-est-ce-vraiment-une-bonne-idee-244069